Un des grands pianistes de notre époque, sorcier du son et poète
délicat, dans un programme à sa mesure : le Chopin le plus intime
côtoie Schubert, dans une sonate dont l’aura poétique semble venir
d’un autre monde. Arcadi Volodos interprète un bouquet de
mazurkas, confidences les plus secrètes de Chopin, ainsi qu’une de
ses œuvres phares, la Deuxième Sonate op. 35. Chopin mettra deux ans
à la terminer : à la Marche composée en 1837 viendront s’ajouter
en 1839, à la faveur d’un été chez George Sand à Nohant, les
premier, deuxième et quatrième mouvements. On la surnomme la Sonate
« Funèbre » ; nulle part, pourtant, Chopin n’a utilisé ce terme
– pas même, contrairement à ce qu’on lit souvent, à propos de
cette Marche poignante. Il faut dire cependant qu’elle parle
d’elle-même : point n’est besoin d’en rajouter. Ce n’était
pas sa première marche funèbre, ce ne sera pas la dernière non plus
; mais c’en est en quelque sorte le parangon, et c’est elle qui
accompagnera, dans une version orchestrée, ses funérailles. Ce
récital se clôt sur la Sonate n° 18 de Schubert, l'une des plus
abouties, qui suscita l'admiration de Schumann et de Liszt.
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11/05/2026 Last update