Le Voyage d’hiver est l’une des œuvres favorites de Matthias
Goerne. C’est avec elle qu’il ouvre un triptyque schubertien
partagé avec Daniil Trifonov, lui aussi familier du compositeur.
Leçon de chant, de poésie et de vie. Diction lumineuse, intelligence
du texte, beauté de la ligne, profondeur du sentiment. L’anthologie
de lieder schubertiens enregistrée par le baryton allemand entre 2007
et 2014 en fait une référence de leur interprétation
d’aujourd’hui. Les vingt-quatre soliloques du Voyage d’hiver
composés en 1827 sur des poèmes de Wilhelm Müller y tiennent une
place de choix. « Cela se passe au-delà du langage, dans le tissage
entre les mots et la musique. Je ne connais aucune pièce au monde qui
ait cette force », confie Matthias Goerne. Mélancolie et solitude y
inspirent dépouillement extrême, rêve halluciné, exquise beauté.
Dans cette compréhension intime de l’âme romantique et de
l’écriture schubertienne, les deux interprètes conduisent aux
confins du silence.
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13/03/2026 Last update