La dernière des Fanfares de Joan Tower, qui ont scandé toute la
saison de l’Orchestre de Paris, prélude au virtuose Concerto de
Dvořák, avant que Tchaïkovski, avec sa Symphonie n° 5 , ne confie
à l’orchestre le livre secret d’une âme idéaliste et
angoissée. Tout comme celles qui la précèdent, la sixième et
ultime Fanfare de Joan Tower célèbre une musicienne, ici la
compositrice américaine, d’origine cubaine, Tania Leon. Composée
en 2014 pour piano, cette Fanfare a été adaptée deux ans plus tard
pour orchestre, précédant dans le programme le célèbre Concerto
pour violoncelle de Dvořák. Véritable pilier du répertoire, il
déploie, sous l’archet de Truls Mørk, toute la palette de son
lyrisme, de son dramatisme intense et de sa pieuse méditation.
L’extrême virtuosité du soliste y trouve l’écrin d’un langage
orchestral au ton nostalgique, porté par des réminiscences de Brahms
et Tchaïkovski. Quant à la Symphonie n° 5 de ce dernier, encore
tout imprégnée de son Ouverture d’ Hamlet , elle n’échappe pas
à la dialectique entre l’écrasant fatum et la consolation par la
foi qui obsédait le compositeur. Engendrée par un thème unique, aux
allures de sombre choral, l’œuvre s’ouvre de manière plaintive,
bien que le drame soit allégé d’accents pastoraux et dansants.
Plus serein, avec les belles mélodies du cor et de la clarinette,
l’ Andante précède un Allegro où s’impose la valse si chère à
Tchaïkovski, avant que le Finale ne ramène le choral, solennel et
victorieux, suggérant une victoire – provisoire – sur
l’angoisse d’exister.
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06/05/2026 Last update