Il faut certainement le doigté d'exception de Yunchan Lim pour
s’engager dans l’aventure du Deuxième Concerto de Rachmaninoff,
accompagné ce soir de la Symphonie n° 2 et d’une passionnante
transcription. Témoignage passionné des fabuleux moyens d’un
compositeur âgé de dix-neuf ans, le célèbre Prélude op. 3 n° 2,
avec sa mélodie d’accords et sa houle enfiévrée, passe du piano
à l’orchestre grâce aux soins de Henry Wood, qui fut en son temps
le grand ordonnateur des Proms londoniennes. Le Concerto n° 2,
créé en 1901, fut quant à lui, pour le jeune Rachmaninoff, une
véritable thérapie. Car après l’échec de sa Première Symphonie,
le succès fut cette fois au rendez-vous, et pour longtemps ; on se
souvient d’une Marilyn Monroe émue aux larmes qui déclarait, dans
Sept ans de réflexion de Billy Wilder : « chaque fois que je
l’entends, j’éclate en morceaux… » Nul ne peut en effet
oublier le carillon lugubre du piano à l’Ouverture, emporté
ensuite par un lyrisme irrépressible, la poésie nocturne du
deuxième mouvement, la virtuosité transcendante du Finale, dans
lequel certains accords semblent parfois écrits… pour les seules
mains de Rachmaninoff ! Harmonieuse et équilibrée, la Symphonie
n° 2 met ses pas dans ceux de Borodine et de Tchaïkovski, avec ses
quatre mouvements où percent des échos du Dies Irae, couronnés par
un exaltant Finale à la russe.
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27/12/2025 Last update