L’intensité dramatique d’ Egmont , la force expressive de la Cinquième Symphonie : Beethoven, à son plus ardent, dialogue avec Poulenc dans une de ses plus grandes réussites, qui se distingue par sa solennité et sa richesse de timbres. L’ Ouverture d’Egmont , tirée de la musique de scène inspirée de la pièce de Goethe, connut un succès immédiat. Le poète lui-même évoqua « un génie remarquable ». La Symphonie n°5 , achevée deux ans plus tôt, adopte un style similaire, tout d’impétuosité. Ses quatre notes initiales (« le destin frappe à la porte », aurait déclaré Beethoven) en ont assuré l’immortelle popularité. Œuvre d’envergure d’une beauté singulière, le Concerto pour orgue, cordes et timbales révèle une face secrète de Poulenc : « Si on veut se faire une idée exacte d’un côté grave de ma musique, c’est ici qu’il faut le chercher, comme dans mes œuvres religieuses », confiait-il. La partition saisit par la variété de ses sonorités, des plus suaves aux plus célestes.