Le mélange de sacré et de profane, de spiritualité et de passion
caractérise l’esthétique du Nouveau Monde baroque. Il n’est
qu’à suivre l’élan choral pour se jeter, à corps perdu, dans le
brasier ! L’une des caractéristiques de l’esthétique baroque,
qui a enflammé l’architecture et les arts dans le cadre de la
Contre-Réforme, est d’avoir orchestré la fusion expressive des
deux sphères du profane et du sacré. La spiritualité sait alors
s’incarner dans la matière et dans la chair, n’hésitant pas à
introduire dans le culte la force de la sensualité ; en retour,
l’amour terrestre, ancré dans l’expérience jubilatoire des
corps, prend les accents de la sacralité. Symbole par excellence de
cet échange passionnel, le feu domine notre imaginaire, d’autant
plus ardent qu’il accomplit le voyage de l’Europe vers le Nouveau
Monde et ses merveilles. La Cappella Mediterranea, associée au Chœur
de jeunes de l’Orchestre de Paris, explore les brûlantes
Amériques, nous offrant des œuvres de Gaspar Fernandes (1566-1629),
qui partit du Portugal, pour travailler à la cathédrale San Santiago
de Guatemala ; de Juan de Araujo (1646-1712), noble Espagnol qui
partit très jeune pour le Pérou et devint maître de chapelle de la
cathédrale de Lima ; ou encore Juan Guttiérez de Padilla
(1590-1664), originaire de Malaga, dont l’œuvre, brillante et
abondante, se confond avec la cathédrale de Puebla, dans l’actuel
Mexique, où il demeura pendant quarante-deux ans.
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28/04/2025 Last update