Énergie rythmique et élan de la danse dominent ce programme tout en
contrastes, qui voit l’archet d’Ava Bahari gravir l’Everest des
virtuoses : le Tzigane de Ravel. La deuxième des Fanfares de Joan
Tower poursuit l’hommage rendu aux femmes « extraordinaires » en
faisant briller les percussions. Son énergie prélude à celle de la
Suite de Carmen assemblée, à la demande de son épouse la ballerine
Maïa Plissetskaïa, par le compositeur soviétique Rodion Shchedrin.
Pianiste virtuose et amateur de musique populaire, il réussit le tour
de force de condenser, en leur gardant leur saveur, les meilleures
pages de l’opéra de Bizet. Un lointain climat russe demeure avec
l’envoûtant Poème de Chausson, inspiré d’une nouvelle de
Tourgueniev, dans lequel le lyrisme douloureux, alternant avec la
véhémence paroxystique, confèrent au violon une éloquence
magnétique. Impressionnante variation moderne sur l’esprit de Liszt
et Paganini, le Tzigane de Ravel repousse les limites de la
virtuosité violonistique en exigeant de l’instrument qu’il se
montre tour à tour sensuel, agressif, dansant, grinçant, épique, et
déchaîné… Enfin, c’est vers le Brésil que nous entraîne
Milhaud avec son célèbre Bœuf sur le toit, qui fait défiler, dans
un joyeux décousu surréaliste, des personnages de carnaval portés
par la samba, la rumba ou le tango.
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02/05/2026 Last update